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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 10:49

Tout simplement parce que rien n’est plus beau que de transmettre son savoir et d’alimenter le cerveau de mes élèves qui ont soif d’apprendre.

Non. Non, je ne dirais pas ça parce que tu vois, quand je fais cours à cette classe où tout à coup un élève se lève, sort de classe et y revient 5 minutes après, ou quand je fais cours à cette classe qui me dit clairement que « de toute façon ça sert trop à rien ce qu’on fait là », la soif d’apprendre je la cherche encore. Tout comme ma patience.

Alors non. Je ne suis pas devenu prof par amour de la transmission de savoir et tout ce blablabla.








Si je suis devenu prof, c’est pour ces raisons :



- Par curiosité :

Ben oui, devenir prof était la seule solution pour savoir ce qui se passe de l’autre côté du bureau. C’est le côté coulisses qui était ma première motivation. Bon, pour avoir le CAPES, c’est un peu léger comme motivation, je vous l’accorde.


- Par défi :

Pour vaincre ma timidité maladive et mon très grand manque d’aisance avec moi-même, j’ai choisi de combattre le mal par le mal.

Jamais je ne me serais senti capable de parler devant 30 personnes (oui les classes de 2014 comportent 30 élèves….enfin 28, mais 30 c’est pour bientôt. D’ailleurs, je compte louer Bercy pour faire mon dernier cours avant la retraite…..dans 35 ans).

Et oui, c’était un défi de devenir prof après avoir entendu de la part d’une collègue-étudiante en CAPES avec moi : « Nan mais franchement pour toi ça va être très dur d’être respecté par les élèves. Déjà ta façon de parler… ». Pour la petite histoire j’ai eu mon CAPES du 1er coup. Elle, non.

- Pour corriger des copies et faire des photocopies :

​Je trouve ça d’un pénible maintenant mais il y a 5 ans, je trouvais ça super fun de corriger des copies, compter les points, mettre une note, l’entourer et y coller un « Très bien ».


Maintenant je souligne la note et je poursuis avec un « TB » calligraphié à la manière d’une signature écrite machinalement (oui j’ai quelques très bons élèves : une cinquantaine…..sur 250).


Ah, et quel plaisir aussi que de découvrir la salle de « reprographie » (oui, chez les profs, c’est comme ça qu’on appelle la salle où il y a Madame LA photocopieuse, Monsieur LE duplicopieur et à côté, leur fille, la guillotine à feuille). Quel plaisir et quelle satisfaction que d’appuyer sur le gros bouton vert et voir ses premières fiches d’activités dupliquée en dizaine d’exemplaires. (Qui en veux ? Qui en veux ?)


Maintenant je trouve ça d’un ennui, être devant une photocopieuse à attendre que les feuilles sortent….

- Pour assister à un conseil de classe :

Car oui, élève, je n’ai jamais eu l’occasion d’y assister. Non, je n’ai jamais été élu délégué : quand je me suis présenté en 6ème et que je n’ai obtenu qu’une voix (la mienne), j’ai compris que la popularité n’était pas ma qualité première. (les enfants sont formidables cruels)


- Pour signer des autographes chez Carrefour devant les paquets de chocapics :

Quoi de plus agréable que d’entendre un « Ah monsieur je vous ai vu samedi chez Carrefour ! », hein ? C’est super chouette, on est un peu comme une star (en moins glam, évidemment, quoique. Vous me verriez pousser un caddie…).

Je trouvais chouette, puis flippant, puis je m’en fichais un temps, puis je n’aime pas trop l’idée d’être « observé »….je crois que j’ai toujours un problème avec « ça ». Etre prof c’est être « connu » de 250 à 400 têtes par ans.

- Parce que je n’ai pas assez de mémoire pour devenir comédien :

Je suis incapable d’apprendre un texte par cœur, alors j’ai choisi d’être prof, c’est presque pareil qu’un comédien : on a (ou avait) une scène/estrade, un public, sauf que : on a des antisèches, le public n’a pas payé sa place, le public n’a pas choisi de venir (Ooooooh noooon ! Et il le fait bien savoir ! ), les places assises sont moins confortables, le public parle……bref, c’est complètement différent en fait !


- Pour prendre la défense des « trop petits », « trop gros », « pas beaux » , « bizarres », « différents » qui subissent des moqueries :

Ca c’est mon côté M. Pokora Robin des Bois. Je dois avouer que j’éprouve un petit sentiment de revanche lorsque j’arrive à punir un élève un peu bêbête-étroit d’esprit qui prend un malin plaisir à se moquer d’un élève qui sort du lot.


- Pour pouvoir acheter une trousse en cuir et un cartable Texier marron (oui, j'ai bon goût) :

Ces 2 objets symbolisaient pour moi le métier de professeur. Une fois ma trousse en cuir dans mon cartable Texier marron, j‘étais prêt à chercher mes élèves dans la cour et à affronter les pires d’entre eux. Aujourd’hui je sais que ça ne m’est d’aucune utilité.


- Pour laisser une trace :

Pas dans l’Histoire hein. Non, je ne prévois pas de devenir ministre et d’établir une loi à mon nom. Non. Mais j’aime l’idée de laisser une trace, un souvenir dans la tête de nos Kevin. Non pas que mes cours marquent les esprits à ce point, mais il quelque chose pour fixer ce souvenir : la photo de classe. C’est un bon moyen de laisser une trace, dans la tête, dans un tiroir, dans un classeur, sur un mur Facebook…d’un élève.




Et toi, lecteur-collègue, pourquoi tu es deven(e) prof ?

Et toi, lecteur-étudiant, pourquoi tu veux devenir prof ? (Tu sais qu’il est encore temps de changer d’avis :) )

Pourquoi je suis devenu prof
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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 11:15

     Bonne ann...quoi ? C'est trop tard ? Oh ben zut alors. Eh ben...euh...bonne chandeleur ! Passée aussi ? Rooh ben on ne me dit rien à moi aussi. Pfff....Oui, c'est vrai que ça fait déjà longtemps que je vous ai rien écrit. C'est pas que j'en avais pas envie, loin de là. C'est juste que j'étais pas mal occupé (réunion parents-profs, conseils de classe, vacances....que des trucs passionnants...oui oui les profs, toujours en vacances gnagnagna). Et puis surtout l'inspiration était partie. Pour celles et ceux qui veulent quand même un petit peu de lecture quotidiennes, vous pouvez me "suivre" sur twitter (c'est le bouton en haut à droite sur le blog). Les faits de cet articles y sont issus.



     Heureusement pour vous, l'inspiration est revenue. Vendredi après-midi, le moment de la semaine le plus inefficace. Y'a même des chefs qui m'ont dit que je devais faire un cours "allégé, ludique". J'ai un peu peiné à trouvé un costume de clown qui me convienne mais depuis j'enfile mon nez rouge et c'est parti pour le cirque. Je crois d'ailleurs que le mot est bien choisi : le cirque. Mais pas de l'autre côté du bureau. Du côté des tables et des chaises.


     L'inspiration m'est revenue disais-je, juste après avoir entendu un "sale pédé !"
Plait-il ? Oui. J'ai bien entendu. Manque de bol pour l'élève, il y avait le silence le plus complet lors de son insulte (comme quoi c'est possible un vendredi après-midi, le silence !). En temps normal, je me serais contenté d'un "X, tu surveilles ton langage et tu t'excuses". C'est peut-être pas assez sévère, ok, mais les insultes sont devenues tellement "banales" que j'en suis presque découragé. Mais là, je ne sais pas ce qui m'a pris, ou plutôt si. En plein débat pour ou contre ce fameux "mariage pour tous", ayant entendu de telles absurdités et idioties à la radio/télévision et ayant vu de plus en plus d'incitations à la haine sur twitter (oui parce que tous les gens sur twitter n'ont pas bon fond comme moi. C'est comme dans la vraie vie), je me dis que nous, profs, avons notre rôle à jouer. 


Et si dans la classe il y avait un/une élève que ça blesserait parce que justement il/elle se pose des questions ? 

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Et si dans la classe, il y avait un prof homo ?

On me dit dans l'oreillette que ça n'existe pas. Oui parce que ça inciterait les jeunes à le devenir (entendu par certaines personnes contre "mariage pour tous"). De même que ce surveillant l'an dernier qui était choqué de voir sur les portes de nos salles de classe des affiches contre l'homophobie, parce que "ouais, tu comprends, si jamais les élèves lisent l'affiche, après ils vont se poser des questions et si ça se trouve il vont devenir homo" Oui, et donc ? C'est quoi le problème ? (A part dire que l'affiche va les "rendre homos") Ca les fera réfléchir et c'est déjà bien.


     Bref, toujours pour faire réfléchir (un peu hein...n'abusons pas) cet élève aux propos homophobes je décide de lui faire faire un travail de recherche sur le mot "pédé".  C'est une idée, juste comme ça. Je me suis dit que si l'élève réfléchit deux secondes au sens de ce qu'il dit, peut-être qu'il ne le dira plus. 


     Je ne fréquente pas la cour de récréation, j'entends juste les élèves parler entre eux dans les couloirs. Il y a parfois quelques insultes qui volent. Comme je suis gentil, je vous donne des exemples : "pédé", "enculé", "sale nègre", "oignon", "espèce de portugais". Voilà. Que des trucs hyper sympatoches ! -_- Mais en classe, rien. Sauf ce fameux vendredi après-midi (et le jour d'avant. Ca me revient en y pensant). Ca c'est entre élèves. 

     Entre prof et élèves c'est encore plus rare (rappelez-vous j'enseigne dans un coin tranquille, une sorte de Monde des bisounours comparé au reste de l'académie où ça peut être le Mordor). En 3-4 ans d'enseignement je n'ai subit d'"insultes" que 3-4 fois (j'espère que lien entre les années d'enseignement et les insultes s'arrêtera là !). J'vous raconte ? D'accord.

     L'an dernier, il y avait une période durant laquelle un collègue d'histoire avait demandé à ces élèves de 6ème de dessiner des affiches contre des discriminations. Tout était représenté : contre le racisme, le sexisme, la discrimination envers les handicapés et l'homophobie (chose assez rare dans les collèges : de parler d'homophobie). Il se trouve que par le plus grand des hasards, figurait sur la porte de ma salle une affiche contre l'homophobie. 

Mes 3èmes ayant vu l'affiche ont fait un lien direct avec moi. Et c'est ainsi que lorsque je demandais plusieurs fois à un élève de se taire, il me sort "Je suis homophobe". Oui et.. ? Tu veux en parler ? (Ca fait tellement "mec" de dire ça au prof face à la classe, pensez-vous). Sur ce, il m'explique (oui parce que moi être un peu con) : "ça veut dire j'aime pas les pédés". Je lui propose de venir en parler à la fin d'heure (histoire que je raconte les faits à sa maman dans son carnet). Et à la fin de l'heure, l'affreux s'en va par la porte du fond de la salle. S'en suis un jeu au chat et à la souris sur un mois (mot collé dans le carnet-pages arrachées-retenues non faites) qui s'est terminé par un rendez-vous chez la Principale qui a remis les pendules à l'heure.


Comment ça "l'arnaque" ? Oui, c'était pas une insulte mais ça a quand même un quelque rapport avec le sujet !


     Bon alors, cette année, j'ai eu l'immense plaisir de découvrir de superbe inscriptions sur des tables. Du style "J'enc*** M. DeLautreCôtéDuBureau". 
STOP ! On s'arrête 2 minutes. Bon, déjà, vous avez vu l'amour que certains élèves ont pour moi ! Je suis flatté. Et depuis quand dans une insulte on reste polis hein ? "Monsieur DeLautreCôtéDuBureau" Pourquoi ?

2ème, toujours cette année. Plus simple "M. DeLautreCôtéDuBureau PD" Toujours cette politesse latente hein. Evidemment les 2 neuneus ont étés démasqués : c'est bête de tagguer à la place où on est assis ! Je n'avais tien fait de spécial pour déclencher cette insulte, juste demandé plusieurs à un élève son carnet. Mais la frustration est vraiment quelques chose de difficile à gérer pour nos ados (merci les parents au passage). Il était trop "respectueux" pour m'insulter de vive voix, du coup il l'écrit sur la table. Faute de pire, hein !


Ironie du sort, l'auteur de "M. DeLautreCôtéDuBureau PD" portait une ceinture D&G...Vous comprenez le truc ? Je me suis fait un plaisir d'expliquer à ce taggueur que D&G étaient les initales de Monsieur Dolce et de Monsieur Gabbana qui étaient quand même en couple pendant de nombreuses années. Eh bien ça lui a fait tout drôle à l'élève d'apprendre ça. Comme quoi quand on réfléchit un peu.
http://p3.storage.canalblog.com/37/24/176765/82987318_o.jpg
     
L'affiche en question.
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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 10:00

 

Voilà déjà un bon moment que je ne vous avais pas fait passer de l’autre côté du bureau : la période de la rentrée à maintenant était assez chargée (oui lecteur-non-prof, je suis encore/déjà/tout le temps en vacances !).

 

 

Cette année j’ai une nouvelle casquette (Non. Pas une « snapback », la casquette à visière plate sinon-t’es-trop-un-bolosse avec vignette dorée, comme mes élèves) : celle de professeur principal (PP). Ne croyez pas (comme certains membres de ma famille) que c’est une promotion. C’est mieux que ça : c’est une diversification du métier. Je vous avais déjà parlé de la polyvalence dans le métier de prof, eh bien là on y retourne.

 

 

http://www.bullssnapbacks.com/upfile/20110618/Vintage-Knicks-Throwback-Snap-Back-by-Mitchell-&-Ness68966.jpg

 

J’étais déjà prof de politesse, animateur-prof d’origami en fin d’année scolaire, eh bien maintenant je suis devenu d’un coup d’un seul facteur-banquier/comptable-presque huissier-représentant/commercial et Père Fouettard alors qu’au départ, il y 3-4 ans je n’étais que prof un-peu-Jamy-sans-Fred-ni-maquettes (comprenez prof de physique-chimie).

 

 

 

Etre prof principal, ça commence le jour de la rentrée des élèves au moment de l’appel des élèves dans la cour par le Grand ou Petit Chef :

 

« J’appelle maintenant la classe de 4ème Harry Potter (ne riez pas, ça existe…bon, pas encore dans mon collège) avec pour professeur principal Monsieur DeLAutreCôtéDuBureau. »

 

Moment de gêne intense où TOUS les élèves présents dans la cour et leurs parents/grands-parents venus pour l’occasion se retournent vers moi. (« Coucou tout le monde, voilà, voilà, c’est bien moi !» Sourire bête et gêné). Quelques chuchotements.

 

Petit Chef appelle un à un les élèves qui sont « trop contentes d’être avec toi » ou « trop deg’ » parce que la classe est déjà« pourrie ».

 

Eh oh pour le moment vous n’êtes que 5 dans la classe alors hein !

 

 

En route vers la salle de classe pour annoncer le noms des profs de la classe (le tout ponctué de « noooon pas lui/elle ! »), distribuer des livres, distribuer le carnet de correspondance (très important : il marque le moment à partir duquel je peux donner des punitions) et un petit papier (1er pas vers la fonction de facteur) qui explique le fonctionnement du « foyer des élèves » (1er pas vers la fonction de commercial).

 

 

Point explication : pour faire simple, au début de l’année, chaque élève donne une dizaine d’euros qui vont dans une cagnotte qui servira ensuite à payer les sorties scolaires. Autrement dit plus il y a d’élèves « donateurs », plus la partie à payer pour chaque sortie sera faible. Et c’est au prof principal (moi !) d’encourager les élèves à donner des sous-sous.

 

 

Une (puis 2, 3, 4, 5) semaine après c’est au prof principal (…….moi ! C’est bien vous suivez !) de récolter les sous-sous et donc de tenir une comptabilité pour savoir qui a donné, comment a-t-il payé (chèque ou espèces…on ne prend pas encore la carte bancaire, ni les tickets restaurant).

Pour gagner encore plus de sous pour la cagnotte du foyer des élèves, diverses actions sont entreprises par le collège : vente de la photo de classe, vente de bulbes (on ne rigole pas, il y en a un catalogue plein. N’oubliez pas que j’enseigne en zone rurale). Les dernière choses qui m ‘ont été données de vendre sont des chocolats pour Noël (oui, il faut s’y prendre en avance…..on concurrence les supermarchés maintenant. Pour passer commande, laissez vos coordonnées en « commentaire »). Au fond, c’est assez drôle de distribuer des catalogues de bulbes ou de chocolats aux élèves et de jouer (à nouveau) au « marchand ».

 

 

Ce que j’aime moins dans ces opérations « vente de trucs-trucs » c’est courir après les mauvais payeurs. Ce sont d’ailleurs les mêmes élèves qui mettent un mois à faire signer un mot par leurs parents dans leur carnet de correspondance. C’est là que j’ai l’impression d’être un huissier qui rappelle sans cesse à chaque fois (c’est à dire une heure toutes les semaines) « Tu penses à payer ta photo de classe ! ».

 

Oui, ça paraît bizarre mais chez nous on donne d’abord la photo de classe à l’élève (dans une pochette avec le portait de l’enfant dans toutes les dimensions imaginables). Il la montre à ses parents et décident ensemble de ce qu’ils vont acheter (« Si on achète le portait A4, à qui on va le donner ? », « On prend combien de photos d’identité ? »). Une fois leur choix fait, l’élève rapporte (si tout va bien) les photos qu’il ne veut pas avec l’argent….sauf que l’élève qui fait ça spontanément est très peu répandu dans ma classe.

 

 

Ce système un peu complexe et beaucoup « à crédit » fait que pour le moment j’ai l’impression que le prof principal que je suis passe son temps à distribuer des papiers et à récolter de l’argent.

 

 

C’était en oubliant la fonction de Père Fouettard !

Lorsque tu es prof principal tous tes collègues ont « à te parler des 4èmes Harry Potter ». C’est pas que je suis devenu important, c’est juste que mes élèves sont très pénibles (et là je reste poli). Du coup, j’ai laissé tomber le plateau-TV (ne croyez pas que les profs ne font rien chez eux…..j’ai juste écrit ça pour faire plaisir aux « clichés ») pour passer mes soirées au collège à la rencontre les parents des mes 4èmes Harry Potter. (Voilà un très bon sujet d’article : les réunions parents-profs)

 

Voilà toutes mes casquettes. Je voulais un peu de nouveauté cette année. Je l’ai. Et encore, le facteur-banquier/comptable-presque huissier-représentant/commercial-Père Fouettard que je suis devenu n’a pas encore gouté au réunion parents-profs ni aux conseil de classe en tant que « prof principal ».

 

Sinon, quand j’ai un peu de temps, je fais cours. Mais ça c’est vraiment quand j’ai le temps.

 


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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 20:32

Avec l’article sur les « Trucs et astuces de profs » (ici), me sont revenues les erreurs que j’ai pu faire lors de ma 1ère heure de cours (dont j’ai déjà parlé )

 

 

  • Ne pas imposer un minimum de silence et de calme avant d’entrer en classe.

     
  • Laisser les élèves s'asseoir à côté de qui ils veulent.

 

  • Entrer en classe avant les élèves, se plonger dans ses papiers/cours et ne pas saluer TOUS les élèves (donc, ne pas obtenir 27 « Bonjour ! » de 27 élèves).

 

  • Paraitre trop-cool-eh-vous-avez-vu-moi-aussi-je-suis-jeune-comme-vous !

 

  • Etre trop laxiste sur la prise de parole.

 

  • Crier (hurler ?) en classe lorsque je ne suis pas content (ben oui, « se faire respecter », cela ne signifie pas ça ?).

 

  • Pire : crier sur un élève lorsque je le retiens à la fin de l’heure (Non je ne suis pas un monstre, vous savez).

 

  • Tolérer du bavardage, pendant que je parle, pendant que j’écris au tableau.

 

 

 

D’une manière générale : m’emporter trop vite (donc, crier) pour quelque chose qui n’en vaut pas la peine et tolérer/ne pas relever (donc, ignorer) d’autres actes plus graves pour lesquels je ne savais pas comment réagir.

 

 

http://nothingbutdollsonstrings.files.wordpress.com/2011/02/teacher-yelling-at-student.jpg?w=540

 

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 11:43

Voilà que la rentrée arrive (je suis aujourd’hui un peu le rabat-joie des profs) avec son lot de nouveaux profs tout neufs, out frais et enthousiastes…jusqu’aux premiers élèves pénibles !

Lorsque j’ai commencé, les formateurs nous ont beaucoup demandé comment « on ferait si… » mais très peu de « solutions » ou d’astuces de gestion de classe furent données. Certes aucune solution n’est miraculeuse mais ce n’est pas une raison pour ne pas partager ses trucs et astuces. (Voilà, vous l’aurez compris, un article sérieux….on dirait)

 

Sous l’impulsion de la collègue qui dirige un blog de prof, voici quelques uns de mes petits trucs de jeune prof de collège qui fonctionnent assez bien avec des élèves « moyennement pénibles » et « pénibles » (genre bavards, insolents hein….pour les bagarreurs ingérables, je n’ai pas encore trouvé la solution) :

 

 

  • Je suis archi-POUR le plan de classe. Je l’applique dès la 1ère heure de cours.

    Pour placer les élèves, je ne me casse pas trop la tête : je les place par ordre alphabétique. Cela ne les choque pas plus que ça puisque je me suis rendu compte que nous sommes plusieurs profs à fonctionner comme cela. 

    Et pourquoi ne pas ajouter en plus une alternance fille-garçons (dans le but d'éviter que Kevin, Djordan et Djonathan se retrouvent côte à côte. C'est valable aussi pour Djennifer, Loana, et Kevina. Merci à Apolonia, une twitteuse-lectrice). Parfois il arrivera même que votre association fille/garçon soit à l'origine d'une romance (comme ce fut le cas dans une de mes classe de 3ème cette année)

    Si les listes ne sont pas jour (ex : un élève inscrit qui n’est plus dans le collège), ça laisse une place de libre au milieu d’une rangée. Place qui sera utile le jour où je devrai déplacer un élève pénible que le plan de classe n’aura pas réussi à calmer.

 


  • Je donne une note de participation orale par élève (oui je suis prof de science…et alors ?). 

Au début de chaque trimestre je donne 10/20 à tout le monde.Une bonne participation et un bon comportement donne des points en plus. Des bavardages et autres bêtises donnent des points en moins.

Cela me permet d’ « agir » rapidement et assez discrètement (sans devoir interrompre mon « discours » et sans passer tout de suite par le carnet) quand un élève dérape (si l’ « incident » n’est ni grave ni répété).

Ca fonctionne plutôt bien lorsque les élèves savent qu’ils peuvent largement avoir 20/20 (à coefficient faible évidemment).

Bien sûr il est tout de même important de montrer à l’élève de manière discrète que l’on a remarqué sa bêtise ou d’associer un « Tais-toi »  au retrait d’une point ou d’un demi-point.

 

  • Dernière petite astuce : 

    Lorsque je ramasse plusieurs carnets par heure, je colle un post-it dessus et j’écris pourquoi je l’ai ramassé (eh oui, parfois avec 10 carnets ramassés dans les classes pénibles, dur dur de se rappeler de tout). 

    Il m’arrivait lors de la première année de ne plus savoir pourquoi j’ai ramassé un carnet d’élève, donc de ne plus savoir quoi écrire dedans et de le punir d’une manière inadaptée à la bêtise commise.

 

 

http://www.e-consommables.fr/images/produits/fbs-173138.jpg

 

 

Contribution d'Hécate du blog La petite cuisine d'Hécate : 

 

  • Généralement, quand une classe commence à déraper, je menace un pénible d'appeller ses parents. Ce que je fais le soir même. Si ceux-ci sont coopératifs, il va se prendre une soufflante et généralement, ça calme les autres.

    Je n'ai plus qu'à les menacer d'appeler leurs parents et ils savent qu'ils doivent se tenir à carreau.

 

 

  • Quand une classe est très excitée (genre pendant le créneau de 16h30-17h30), si j'ai du mal à les reprendre en main, je m'interrompts. Je m'assois à mon bureau, prends un livre et les ignore totalement. Généralement, en 10 secondes, le calme est revenu.

    (Astuce testée par votre serviteur....sans succès ! Certainement à cause de mon inexpérience à l'époque) 

 

 

      Astuces d'Hécate : 

 

  • Beaucoup circuler dans la classe
     
  • Aider les élèves en difficulté à démarrer une activité
     
  • Savoir prendre du temps pour un élève
     
  • Apprendre rapidement les prénoms de ses élèves pour les désigner lorsqu'ils ont fait une bêtise... (TRES important ! d'où le plan de classe)

 

 


Je remercie les collègues (et internautes) avec qui j’ai discuté et à qui j’ai osé demander « Comment tu fais/réagis toi quand un élève fait ceci/dit cela…. ? ». Oui ce n’est pas parce qu’on n’est plus stagiaire qu’ doit avoir honte de demander des conseils à ses collègues.


Si, vous qui me lisez, avez des astuces, vous pouvez les partager en les écrivant dans les "commentaires". Elles finiront sur le blog et certaines auront même l'immense privilège de figurer dans mon p'tit carnet orange "d'idées pour le collège". Alors, ça motive pas, ça ?

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 18:00

Le blog a un an ! (enfin presque hein...on n'est pas à deux jours près. Je suis assez pressé de manger le gâteau...virtuel bien sûr !)


Un an que je me suis décidé à vous faire passer de l'autre côté du bureau avec moi et visiblement ça vous plait quand même un peu.


Pour ceux qui voudraient réellement passer de l'autre côté du bureau, vous avez jusqu'à...... jeudi prochain 17h pour vous inscrire au casting (non non je ne fais pas de prosélitisme).


Nous (enfin... l'Educ' Nat') manquons de clowns-intermittants-de-l'éducation. 

 

Donc :     


- Tu aimes être en vacances 4 mois par an ?


- Tu aimes avoir un public attentif au moindre de tes propos ?


- Tu n'as pas peur de voyager à travers la France ? (bon, en général c'est plutôt Créteil/Versailles les destinations les plus courantes...)


- Tu aimes travailler dans 3 endroits différents (Non ! Le bureau chez toi ne compte pas ! Je parle bien de 3 collèges)


- Tu es jeune, polyvalent et plein de rêves ?


 

N'hésite plus ! Viens nous rejoindre !"

 

http://www.jdc-fr.ch/wp-content/uploads/2010/11/uncle-sam-we-want-you1.jpg

 

 

 

 

 

Cet article est aussi l'occasion de célébrer la fin de l'acte 3 de mes "Fabuleuses aventures au collège" et donc le début des vacances pour tous les profs de France (cliquez ici pour passer votre colère, bande de jaloux !).

Bon, pour nous rappeller que cela ne dure pas, on peut évidemment compter sur les magasins qui, chaque année, nous rapellent que...

Bien sûr avant de pouvoir profiter de ce grand énorme privilège, il a fallu occuper les élèves à grands renforts de Time's Up, Loup-Garou, Poker, origamis et autres films.

D'ailleurs, une des choses dont je suis le plus fier est d'avoir appris à mes élèves à faire 3 sortes de bateau en origami. (Eh ouais ! Rien que ça ! Z'en ont d'la chance mes élèves, hein dites ?)

(On m'a toujours dit que dans l'enseignement il fallait se contenter de peu. Voilà qui est fait)

 

 

 

Cette année a encore été l'année des premières fois pour certaines choses (non, pas celle-) : 


- Ma première photo de classe.


- Mon premier forum des métiers en tant que participant (ici)


- Ma première "vraie" inspection.


- Ma première journée passée en centre de correction (même si, je vous assure que je n'ai rien fait de mal)


- Mon premier évanouissement d'élève en cours. (Je déplore de ne pas en être le responsable)

 

 

 

A suivre ...

 

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 15:40

Voilà, c'est (presque) fini ! 

 

 

     Demain, c'est la première épreuve du brevet des collèges et cela signifie aussi que pour un grand nombre de professeurs, cette semaine était la dernière semaine de cours. Vous savez, cette semaine durant laquelle vos élèves vous disent "au revoir" plein de sanglots dans la voix, vous apportent une boite de chocolats pour vous remercier de toutes ces choses que vous leur avez apprises cette année. Certains vous demandent même votre adresse pour vous envoyer une carte postale durant leur vacances, ... bon ok j'arrête ! Cela ne s'est pas tout à fait passé comme ça dans mon collège.

 

 

 

Pourquoi ?

 

 

 

     Tout d'abord parce que ces grands élèves de 3ème se croient en vacances depuis leur date de conseil de classe. C'est à dire, pour certains, depuis début juin. La date du conseil de classe passée signifie aussi qu'il n'y a plus possibilité de leur mettre une mauvaise note. Dès lors, fleurissent les "A quoi ça sert de travailler puisqu'y a plus de notes ??" (Comprendre : "a quoi ça sert de travailler encore puisque je viens de recevoir mon scoot' même si j'ai un bulletin pas top-top ?"). Et du coup les charmants (un peu trop d'ailleurs avant le conseil de classe) élèves se transforment très vite en élèves insupportables qui partent en vrille dès qu'on leur demande de sortir une feuille (oui parce bon le cahier est perdu/déchiré/rempli/oublié-chez-mamie-qui-habite-à-35km-du-collège-et-vous-savez-comme-j'ai-pas-encore-de-scoot'-c'est-diificle-d'aller-la-voir) et de faire (au moins) semblant de recopier ce que le prof écrit projette au tableau. 

Bien sûr une fois que chaque élève sait si il va au lycée, autant vous dire que ce sont les portes grandes ouvertes à toutes les incivilités. 

"Ben oui, pourquoi continuer à respecter des personnes (nous, les profs) qui nous ont fait ch*** (comprendre : qui nous ont fait travailler) durant 1, 2, 3 ou 4 ans ?? Ca sert à rien puisque je ne montrerai pas mon mot dans mon carnet à mes parents, je ne viendrai pas en retenue et je quitte le collège dans une semaine !" Autant insulter le prof. Allons-y c'est gratuit !

 

 

 

Autant vous dire que l'on est content (de chaque côté du bureau) de pouvoir bientôt se quitter pour presque 2 mois.

 

 

 

Juin passe, les exclusions de cours/du collège se multiplient.

 

 

 

 

 

Arrive alors LE dernier cours. Alors histoire de ne pas se quitter sur une mauvaise ambiance, on propose diverses activités aux élèves (énumérées ici et ). Cette année j'ai choisi de me transformer en animateur de centre de loisirs et de consacrer ma dernière heure à des jeux (sauf avec les classes trèèèèèès pénibles, que j'ai fait travailler jusqu'au bout. Oui, parfois le prof est maso).

Dans ma sacoche de prof-animateur, deux jeux : 

 

 

Premier jeu tenté : "Time's Up". Pour ceux qui ne connaissent pas (bon déjà c'est que vous n'êtes pas un bon prof-animateur-trop-cool), c'est peu comme le "Taboo" sans la liste des mots interdits et avec possibilité de faire des mimes ou de dessiner au tableau (oui parce le prof-animteur-trop-cool peut aussi laisser ses élèves dessiner au tableau).

Time's Up, donc. Ou comment faire profiter à tous les collègues enseignants dans le même couloir que moi des mots devinés criés par les hystériques élèves restants ! Prions pour le CPE ou un collègue ne débarque pas....oui parce que pour certaines matières le dernier se déroule une semaine avant la vrai dernière semaine. Je demande donc pardon aux collègues que mes élèvent ont éventuellement dérangé lorsqu'ils faisait semblant de travailler travaillaient. Je me suis bien amusé (pour une fois). Eux aussi.

 

 

Deuxième jeu tenté : Le jeu du loup-garou. Un jeu de rôle dans lequel chaque élève fait partie d'un camp (loup-garou ou villageois) et doivent s'éliminer. Enorme avantage de ce jeu : les élèves sont supposés dormir (une partie du jeu, notamment l'attaque des villageois par les loup-garous se déroule la nuit) et donc ils ne sont pas censé faire de bruit. Seulement voilà, même dans la pénombre, les yeux fermés, mes élèves font du bruit ou plutôt des bruitages plutôt osés qui n'ont à faire dans une classe. Passons. Arrive alors une phase durant laquelle tous les participants doivent voter contre l'un d'entre eux et s'éliminer. A partir de ce moment là, les paroles de certains élèves (de futurs footballeurs de l'équipe de France sans doute. Vous allez voir qu'ils ont une bonne base) ne furent plus qu'insultes et cris. Bam ! Un élève exclu dans le couloir. Aucun exclu pendant les cours mais le seul jour où l'on fait des jeux, ils ne savent plus se tenir ! Incroyable ! Ces mêmes élèves ont réussi la prouesse de se faire bannir du tournoi profs-élèves (pour lequel ils s'étaient mentalement préparés : insultes toussa toussa) avant même de commencer à jouer ! Bravo les loulous !

 

 

 

 

A côté de cela, des élèves polis, bons perdants, souhaitants de passer de bonnes vacances à leur professeurs, esquissants même un "à l'année prochaine" rempli d'espoir. C'est-y pas mignon ?

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 20:30


Un peu comme les élèves avec leurs devoirs, c'est au moment de remplir les bulletins que je me rends compte que "Ouuuuuuh ben deux notes pour le 3ème trimestre ça fait pas beaucoup et pas sérieux". Du coup :

-Pour après demain, vous notez "contrôle sur le chapitre 12" !
-Mais m'sieur, on a déjà fait un contrôle sur le chapitre 12 !
-Oui je sais mais faut une troisième note mais je veux m'assurer que les notions sont bien comprises ! 

(on s'en sort comme on peut)

Et c'est comme ça avec mes 10 classes ! Ca fait parfois des journées entière à surveiller des contrôles (et ça fait donc une semaine dédiée aux corrections). 
Alors, que faire pendant mes heures ennuyeuses de surveillance de contrôle ? Corriger des copies? Nooooon, on ne sait jamais si un élève triche a besoin de mon aide.
Finalement pas grand chose : je regarde mes élèves travailler. Je les observe, je les dissèque. Un peu comme eux lorsque je fais cours.


J'ai ainsi pu observer qu'au fil de l'année, mes élèves se sont équipés en montres. Un certain nombre d'entre eux arborent maintenant fièrement une belle tocante. Quelle raison à cela ? Promotion GROUPONS ? Liquidation totale d'un bijoutier ? Non non, ces élèves à montres ont tout simplement fait leur "communion" et ont eu comme cadeau ..... une montre (les traditions persistent !). Sinon, à part ça, la montre fluo en plastique à eu son quart d'heure de gloire auprès de mes collégiens mais pas autant que je le pensais.


Côté coiffure, après le long épisode "Bieberien" (à redécouvrir ici), voici venu d'où on ne sait où l'épisode "casque de centurion-irroquois". 

http://www.epees.fr/389-198-home/casque-centurion.jpg

J'ai nommé : la crête découpée au taille-haie. Le gel ne suffit plus pour affirmer leur pseudo côté rebelle-fashion-punk-irroquois. Non, il fallait y aller à la tondeuse. C'est ainsi que je me retrouve avec une petite armée de Mister-T façon Barracuda, les chaines en or en moins, mais pas les bagues. 


http://4.bp.blogspot.com/-WQDB6rIFdh4/TcvGqR7FaDI/AAAAAAAAPdQ/xUO2-v-gHeU/s400/Mr-T.jpg

Oui, j'ai aussi pu observer le retour de la chevalière ! Comme c'est mignon ! Non mais sans dec' ça a 12 ans et ça s'prend pour un homme ?! Cette mode de faire des enfants des adultes, en plus d'être malsaine et dangereuse (cf. les lolitas), devient de plus en plus ridicule ! Laissons-les grandir mais que l'on arrête de les prendre pour ceux qu'ils ne sont pas (et qu'ils arrêtent de se prendre pour ce qu'ils ne sont pas). (Le discours de vieux-con, c'est fait !)
http://www.motoculteur-et-tronconneuse.com/wp-content/uploads/2010/08/taille-haie-entretien-moteur.jpg
Au fait : je trouve cette nouvelle coiffure très laide (on s'en fiche surement mais c'est dit)
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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 20:30

Dans la rubrique  Le langage des jeunes ... 

http://3.bp.blogspot.com/-1yDT1mjDgfc/TxSTBTW1SFI/AAAAAAAAAHs/sJMk8LTYPts/s1600/pour-les-nuls.jpg

J'annonce le mot du jour :

 

"swag"


Prononcé par élèves à la vue d'une webcam.


Est-ce une insulte ? Un compliment ? Dois-je m'en inquiéter ?


Dans le souci de comprendre mon "public" (ces êtres qui ne voient pas pourquoi maitriser une langue, dont les règles sont établies depuis plus de 350 ans, puisqu'à l'heure où vous lisez ces lignes, ils seront en train d'en inventer une autre), je suis parti à la recherche de la signification de ce mot "swag".

 

 

Résultats :

 

Il fut un temps où l'on ponctuait toutes nos phrases par : "cool !". D'autres plus anciens, utilisaient "c'est bath !".


Certains plus proches de nous lui préféraient "mortel !", les fans de How I Met Your Mother, "Awesome !".


Une génération plus proche de la mienne s'exclamait "stylé !", mes premiers élèves : "ça déchire".


Les profs désirant être dans le coup et impressionner un leurs élèves tentaient un "c'est d'la balle, n'est-ce pas ?".

 

 

L'ado de 2011 trouvait presque tout "frais !" ou "trop frais !".

 

L'ado de 2012, lui, utilise "swag !", "c'est swag" ou encore "il a du swag !" pour nous signifier qu'il kiffe quelque chose ou quelqu'un. Bref, que quelque chose (ou quelqu'un) lui plait vraiment.

 

http://static.tumblr.com/6hfwqdg/bLkm0dsml/tumblr_luimscvofk1r0qho1o1_500.gif

 

On me souffle dans l'oreillette que "swag" va bientôt être déclassé par ....

"soin !". Combien de temps avant de l'entendre en classe ?

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 10:30

 

     Afin de casser les rêves de nos élèves au marteau-piqueur (selon certains parents c'est que nous prenons plaisir à faire) et dans le but de les ramener quelque peu à la réalité (oui parce que 10 mannequins, 9 footballeurs, 1 star, 1 chanteuse, et 6 milliardaires par classe ce n'est pas vraiment pas raisonnable), le collège avait pris, il y a quelques semaines, des allures de "Forum des métiers".

 

     Une dizaine de salle étaient réservées et destinées à recevoir des professionnels (des parents d'élèves ayant congé ce jour,en fait) issus d'une dizaine de catégories de professions : "arts & spectacles", "médical et aide à la personne", "armée", "commerce", "BTP", et..... "enseignement" !

La matinée était organisée comme ceci : chaque élève a dû préalablement choisir 3 ateliers et toutes les heures, chaque élève change d'atelier. Au bout de la matinée, tous les élèves auront pu participer à 3 ateliers différents. 
     Notre rôle dans tout ça ? Surveiller les déplacements dans les couloirs et éventuellement accompagner nos charmants ados dans les différents ateliers choisis. Étant donné que je n'ai guère envie de faire le planton pendant 3 heures, je décide donc tout naturellement d'accompagner (dans un premier temps) mes élèves dans leurs ateliers. 

 

1er (et finalement 2ème puis 3ème aussi !) atelier choisi : "Enseignement".

 

     Deux parents sont présents pour présenter leur métier et une dizaine d'élèves qui manifestent un désir de découvrir cette catégorie de métier sont là aussi. Le mot catégorie à bien une importance ici car même si une mère d'élève présente est institutrice professeur des écoles, l'autre parent d'élève présent est....moniteur d'auto-école ! (il devait sûrement ne plus y avoir de place dans l'atelier "Métiers de le route".) 

 

     Première impression : eh ben finalement ça a encore la côte le métier de prof ! En interrogeant un peu plus les élèves, je découvre q'un tiers des élèves présents a plutôt envie de devenir profeseur des écoles, un autre tiers penche vers professeur de sport ou entraîneur sportif et le reste est là parce que "finalement ce serait peut-être pas mal de faire prof" (apparemment y'a beaucoup de vacances me souffle-t-ont dans l'oreillette).

 

     Deuxième impression : le visage de la professeur des écoles présente me dit quelque chose. Et voici comment j'ai occupé mon cerveau pendant bien 5 minutes : de quel(lle) élève peut-elle bien être la mère ? ......ayè, j'ai trouvé ! Une de mes élèves de 4ème ! On peut continuer.

 

     Après les formalités de présentation, le moniteur d'auto-école pose la première question (et la plus intéressante, à mon humble avis) : "D'après vous, quelles qualités un professeur doit avoir ?". Première réponse d'élève : "Savoir se faire respecter" ET BAM messieurs les formateurs ! Aux yeux des élèves, la qualité première d'un enseignant est de maintenir l'ordre dans sa classe ! Et c'est malheuresement une des seules choses que l'on apprend pas à un jeune enseignant non expérimenté au motif qu' "il n'y a pas de recettes miracles". Peut-être, mais il y a quand même de grosses conneries à ne surtout pas faire. Même celles-là le jeune enseignant n'en a jamais écho. L'autre réponse qu'il entend parfois est "Essayez, vous verrez". Très pratique dans une classe ou tout peut basculer d'un instant à l'autre. Donc, messieurs les pédagogues à-l'écoute-des-enfants-qui-réclament-de-l'autorité, écoutez-les !

Viennent ensuite la patience (il faut au moins ça !) et la qualité pédagogique de l'enseignant (ça par contre on insiste bien dessus tout au long de la "formation" du prof).

Le plus surprenant dans tout ça, c'est que cette qualité ("savoir se faire respecter") a été donnée par les élèves qui adorent jouer avec les limites. Curieux paradoxe, mais visiblement c'est ainsi que sont faits certains de nos élèves.
Au fil des heures, le nombre d'élèves prenant part à l'atelier "enseignement" diminuait grandement pour finir avec 2 élèves lors de la 3ème heure. Contrairement aux ateliers "armée", "métiers de la route", nous n'avions pas d'objet publicitaires (stylos, porte-clés, carte postale, ...) à offrir à nos élèves. Oui, cette journée avait des airs de rentrée IUFM.
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