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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 09:00

A l’heure où mes nouveaux collègues dans la fonction découvrent leur « mutation », je ne peux m’empêcher de repenser à la mienne.

J’ai pour habitude de dire que l’Ed. Nat’ est une merveilleuse agence de voyage, et pour cause !

 

http://mondedujeu.zlio.fr/product/image/imageID/12594814


Tous les profs qui enseignent pour la 1ère fois doivent participer à ce grand mouvement national qu’on appelle « mutation inter-académique ». En quoi consiste ce mouvement collectif ? En tant que jeune prof, nous sommes amenés à formuler des vœux : « Veux aller exercer mes talents de pédagogue dans telle ou telle académie ». Rien de plus simple n’est-ce pas ? En général, chaque jeune prof demande à rester dans la région qui l’a vu naître, grandir et devenir cette créature bientôt mutante. Ce ne serait pas fun du tout ! C’est pour ça qu’un système de « points » a été mis en place :

 

Chaque collègue débutant reçoit 21 points. Ces points vont servir à « acheter » sa nouvelle destination d’enseignement. Dans sa grande générosité, le ministère nous accorde 0,5 point bonus si on désire rester dans notre académie "maternelle". Et, encore, dans son immense générosité, il nous accorde aussi un bon d’achat de 50 points valables 3 ans sur notre 1er vœu et à utiliser en une seule fois (voir conditions en magasin). Waouh ! Quelle richesse ! Trop cool l’Ed. Nat’, je vais pouvoir acheter la destination d’enseignement rêvée ! Tiens pourquoi pas le soleil de Nice, soyons fous ! Je mets « Nice » en 1er vœu, j’utilise mes points bonus, ce qui me fait 71 points ! Mais au fait, combien coûte cette académie ? Ha ! Ha ! C’est là que commence la partie funky de l’histoire : on ne connaît pas les « prix » de nos destinations envisagées ! Tout comme au Monopoly, notre « Rue de la Paix » est souvent la Corse ou notre académie d’origine et notre « Boulevard de Belleville » c’est Créteil, Versailles ou encore Amiens. Et attention, si on n’obtient aucun de nos vœux, c’est direction le soleil de Créteil ou Versailles ! Bref, on a intérêt à obtenir quelque chose figurant parmi nos vœux avec nos points.

 

nice.jpg


Bon, je l’admets, je suis mauvaise langue. On connaît les prix de nos académies……un an après avoir participé aux mutations. Ceci nous est alors trèèèèèèèèès utile n’est-ce pas ? Ben oui, en réalité, pour estimer les chances d’obtenir notre 1er vœu nous n’avions (enfin fallait bien les chercher hein. Merci les syndicats) que les barèmes (c’est à dire les « prix » des académies) des années antérieures. Et là, le trader-boursicoteur qui sommeille en nous se réveille. Les fiches-barèmes ne nous quittent plus, on spécule, on rêve et pour nous ramener dans la réalité, on assiste à une formation IUFM sur les mutations.

 

Jeudi 19 novembre, après-midi. La centaine de jeunes profs de l’académie est réunie dans une très grande et très vieille salle de l’IUFM. On nous explique le système de points que je vous ai expliqué auparavant. Aurélie, Carole, Mat,  et moi-même ponctuons le discours du formateur de « pfffff » montrant à la fois notre incompréhension face à ce système et notre exaspération. Deux heures plus tard, notre exaspération a laissé place à des rires nerveux. La formation s’est transformée en foire aux questions personnelles. « J’ai 54 ans, j’ai déjà travaillé 10 ans dans la fonction publique il y a une dizaine d’années et j’aurais aimé savoir combien de points j’ai ? ». « T’as pas des cailloux pour lui lancer dessus ? » me demande Carole. « Si j’en avais je lui aurais déjà lancé » lui répondis-je. Oui, car plus tu es âgé dans la fonction publique, plus tu as de points (genre plusieurs centaines). Face à ce genre de personnes, on venait de comprendre que « Ouais ben de toutes les manières, on se fait avoir. On va tous se retrouver à Créteil ! ». Carole avait raison. Voilà ce qui nous a occupé les mois de novembre, décembre, janvier et février. Nous spéculions lors des formations IUFM, repas à l’IUFM, dans le train, en attendant dans le train….Jusqu’au jour où, fin février, après une journée aussi fatigante qu’inutile que peut l’être un stage d’observation en lycée (alors qu’on enseigne tous au collège), une charmante standardiste m’appelle.

 

Je sortais tout juste de la voiture. « Bonjour c’est le service des mutations, je vous appelle pour vous part de votre projet de mutation ». « Projet » (rire). Les « projets » de mutation de l’Ed. Nat’ sont très souvent définitifs. Trop bien, pensais-je, je vais avoir confirmation que je vais aller enseigner sous le soleil de Nice !! « L’académie de Créteil » m’annonce-t-elle avec une voix sucrée comme pour mieux faire passer la nouvelle. Je suis maintenant dans la cage d’escalier de l’immeuble et continue ma conversation. Petit choc. « Mais….euh….. vous êtes sûre qu’il n’y a pas d’erreur ??? ». « Non, non. Bonne fin de journée monsieur. » J’admire encore aujourd’hui son sens de l’humour. Je me voyais déjà enseigner dans une cité entourée de tours et elle me souhaite une bonne journée…elle se moque de moi en plus ! Après avoir annoncé la mauvaise nouvelle à tout le monde qui se trouvait à proximité, j’envoie massivement des sms à mes collègues. Seul petit réconfort : nous sommes presque tous (Soso, Carole, Mat, Jules, et moi) mutés dans cette merveilleuse académie de Créteil.

 

les4000.jpg


Carole avait donc raison lors de la formation IUFM. Le soir-même à la télévision, ce qui faisait la une était une énième agression de prof…à Créteil. Je frissonnais. Pour rien. Les endroits dans lesquels j’enseigne actuellement se trouvent bien dans l’académie de Créteil mais ne ressemblent en rien à l’image qu’on se fait de cet endroit. Comme quoi…

 

ble-vert_billet.jpg

A suivre… 

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 10:00

L’entrée dans le monde des profs est une entrée dans un monde plein de codes. Non pas vestimentaires, non, mais de réels codes.

matriceee

-       code photocopieuse (x2 ou x3 pour ceux qui sont dans 2 ou 3 bahuts).

-       code pour accéder aux PC (pourquoi mettre au pluriel d’ailleurs…) de la salle des profs.

-       code pour accéder au PC tenant place dans notre salle (ça évidemment c’est uniquement pour les très gros veinards dont je fait partie qui ont LEUR salle ET un PC fixe à l’intérieur).

-       mot de passe pour accéder à l’adresse électronique offerte gracieusement par l’académie/le collège/l’IUFM(rayez éventuellement les mentions inutiles sauf si…vous débutez dans l’enseignement !). Ce mot de passe est le même que celui qui nous servira à participer aux mutations (c'est dire s'il est important !)

-       code pour accéder au site du collège sur lequel on peut trouver les toutes dernières photos des voyages ayant cours (alors voyons qui se cache derrière cette cagoule-masque de ski ! Oh ! Bryan ! Vite, « capture d’écran », cela pourra servir plus tard en classe..hé hé !).

-       code pour accéder au site internet qui permet de saisir les notes, appréciations sur les bulletins, … (encore x2 ou x3 pour les malchanceux qui sont dans 2 ou 3 bahuts).

-       code pour valider (ou pas, d’ailleurs, hein !) les compétences  à avoir piraté le compte facebook de leur prof favori informatiques. (x2 si bla bla bla…. vous connaissez maintenant !).

Et tout ceci nous fait……….. bling ! 12 codes (en moyenne) associés à leur adresses électronique (ou login) à retenir. Ce qui nous permet de vivre de savoureux moments.


 

photocopieur_et_apn_coupe_01.jpg


Un mercredi, très tôt le matin :


Moi : « Merde ! Elle déconne encore cette photocopieuse ! Bon je vais réessayer. »

Je retourne à mon casier, décolle le post-it collé sur une feuille au fond de la pile de polycopiés. Je le place à côté de la photocopieuse et tape minutieusement mon code (ben oui, je ne me suis pas trompé, c’est celui que j’avais en tête) et là : rien ! Je me dirige d’un pas pressé et presque énervé vers la loge pour signaler immédiatement l’énième bug de la photocopieuse.

« Bonjour, je viens d’avoir un problème avec la photocopieuse, elle ne reconnaît pas mon code ! »

Mme de La loge, pas encore dans son ouvrage en crochet : « Ah ben c’est normal : on a changé tous les codes depuis hier soir ! »

 

Noooooooooooooooooon ! Je venais à peine de commencer à m’en souvenir ! Aaaargh la vie est cruelle !

 


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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 10:00

acte 2 : 2ème année

 

         Le décor : la fameuse salle d’anglais 1123 (dont je suis le seul à avoir la clé ! Génial…). Le costume : le même que lors de ma 1ère rentrée, le même que lors de mes oraux de concours. Black dress code. Sobre. L’acteur : le même, moi. Les figurants : 25 élèves de 4ème , à nouveau.

 

         Début d’après-midi, la musique retentit : c’est le signal que la prestation va commencer. Je trouve dans la cour une classe rangée, à sa place (magnifique !), une montée dans le calme. Beaucoup de calme, bizarre bizarre tout ça…Serait-ce le calme avant la tempête ?

 

Un appel fait de manière classique (Bye bye la méthode originale de l’IUFM et faites entrer l’efficacité) : juste les prénoms, comme ça pas d’erreurs sur les noms de famille (même s’ils semblent très faciles à prononcer). Petite fiche de présentation sur papier libre (eh oui, les photocopies ne sont pas illimitées...ne nous attarderons pas sur la photocopieuse…… elle fera l’objet d’un article ultérieurement).

C’est l’occasion de déceler, les radins en papier (ceux qui vont geindre à chaque contrôle : « J’ai pas de feuuuuuuuuuuuuuuuille ! J’peux pas faire le contrôle ! »), les élèves lents à l’écriture (ceux qui vont râler, à chaque fois sur j’efface la tableau : « Maiiiiis euuuuh attendez j’ai pas fini d’écrire ! » alors que ça fait 10 minutes que rien n’a changé au tableau) et leurs talents graphiques (Mmm intéressant ce stylo orange-pastel-à-paillettes et-qui-sent-la-poire) et orthographique (Oh ! Tu veux faire couaffeuse plus tard ! C’est bien, ça ! Tu as vu ta voisine veut faire èssetétisienne, vous allez pouvoir ouvrir un salon à deux ! ).

 

http://www.tralala.tm.fr/imag/pourcollections/stylo_bic.jpg

 

Il y même une partie « matière préférée » et « matière détestée ». Scène :

 

Un élève : « Monsieuuuuur, on peut marquer comme matière détestée les sciences ? »

Moi : « Mais oui ! Je ne vous en veux pas…..enfin pour le moment ! » (niark niark niark)

Un élève : « Euuh, non je vais mettre Français, alors »

Elève n°2 : « Moi je met Sciences ! »

(Driiiiing : alerte « Sale gosse »)

 

Petits rappels sur les notions de 5ème, dans le calme. Tout le monde écoute, écrit, souligne. J’en suis impressionné. Je ne devrais pas.

 

A suivre…

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 00:00




« Mamaaaaan j’veux pas y aller au collège ! »


« Mais si ! Mais si, voyons. C’est toi le
prof ! »



acte 1 : 1ère année


            

Il est des jours dont on se souviendra longtemps (je pense, vu mon jeune âge ;-) ). Celui où l’on donne son premier cours face à des élèves en fait partie. On est partagé entre l’envie d’y aller et l’envie de courir très vite très loin (ou tout simplement l’envie aux toilettes).


 


7h30 : Egal à moi-même dans mon avance. Première voiture sur le parking. Je monte dans ma salle, me place de l’autre côté du bureau, regarde les chaises vides, contemple le silence (qui va bientôt s’en aller très loin, lui). J’essaie de prendre mes repères en me déplaçant dans la salle. Vu la configuration des tables, je ne peux que faire des va-et-vient. Mince ! Je vais devoir leur tourner le dos ! Ou alors marcher en arrière ? Non, cela paraitrait très suspect. Je sors mon classeur de cours, aligne mes photocopies. Au programme aujourd’hui : présentation, remplissage de fiches de présentation (oui, je suis très très curieux et j’adore avoir de la lecture de mes 1ers élèves.) et distribution du programme de l’année, en l’occurrence la 4ème. Ils sont combien au fait ? Je sors le classeur contenant les fiches des classes : 26. Vingt six élèves, cela fait donc 52 pairs d’yeux braqués sur moi dans 20
minutes.


 


7h55 : Mon tuteur arrive. « Alors ? Prêt pour ta 1ère heure de cours ? Pas trop stressé ? » Siiiiiii, horriblement stressé mais plus l’heure de la sonnerie approche, plus j’ai envie d’y aller.


Derniers préparatifs.



8h10 : la sonnerie retentit. Ca y est, l’année scolaire va réellement commencer, tout comme ma carrière d’ailleurs. A la dernière note, me voilà descendant les escaliers, le cœur battant de plus en plus fort. Plus je descends et plus je m’approche de la cour et plus j’entends de bruits, de cris, de rires. Je sors, entre dans l’arène la cour de récréation repère l’endroit où « ma » classe devrait être rangée et m’avance vers eux.



Je ne me souvenais plus quelle taille pouvait bien avoir un élève de 13 ans. Ils sont beaucoup plus grands que ce que j’imaginais ! Ils ne m’auraient pas refilé des 3èmes par erreur non ? Ah non, je vois que plus loin, il existe le modèle plus grand avec voix plus grave et rire bête : un 3ème ! Scène :




Moi, devant le rang : « Bonjour ! Allé on se range ! Deux par deux ! »


(Et merde ! Pourquoi j’ai dis ça moi ! Ce ne sont plus des 6èmes.)


Un élève : « Hein deux par deux, faut pas qu’on se tienne la main encore ! Tss »


Hey, on dirait que c’est bien parti !


On monte les escaliers, on rentre dans la salle.


Moi : « Bonjour, asseyez-vous. »


« Je me présente je m’appelle Henri, j’voudrais bien réussir ma viiiiie Monsieur XxX »


Suite aux conseils de l’IUFM, je leur communique une adresse mail au cas où.


Une élève : « Mais Monsieuuuuuuur on va pas vous envoyer de maaaaaaaaaaail »


Moi : « On ne sait jamais. Et puis d’abord tu lèves la main avant de parler ». « Pour vous connaître un peu mieux, je vais vous demander de vous lever chacun à votre tour et de vous présenter succinctement : nom-prénom ».


Un élève : « Monsieuuuuuur, ca veut dire quoi suque…. ? »


Moi : « Succinctement ? »


Un élève : « oui voilà ! »


Moi : « Rapidement ! »




Résultat de cette méthode made in IUFM feat. Nos 4 cerveaux féconds : un gros bazar en moins de temps qu’il ne faut pur le dire. J’avais oublié qu’un ado était un être dont le corps est irrémédiablement attiré vers le sol alors que son esprit lui, léger comme l’air est attiré par l’Espace et se trouve très souvent dans la Lune.


Personne ne veut se lever, personne ne s’écoute. Bon j’ai commencé comme ça, je fini et c’est mon 1er « bordel de cours »



Moi : « Bien, on se calme maintenant ! Toi le pull bleu tu te tais ! »


« Avant de vous distribuer le programme de l’année que vous aller placer en 1er dans votre classeur et que l’un ou une d’entre vous va lire à voix haute, on va faire un brainstorming ».




Thème du brainstorming : à quoi vous fait penser les mots « physique »
et « chimie ». Allez c’est parti on y va, on ouvre les vannes : « lampe, filament (merci le poster d’une lampe accroché au mur),
électricité, pinces crocrodiles (non non pas d’erreur dans le texte), chambre…


« Chambre ? Pourquoi chambre ? »


« Ben parce que je vois une usine chimique depuis ma chambre »


(Prendre la voix de Jacques Martin) : Les enfants sont formidables !


« Monsieur, on va faire un lasergame ? » Quel rapport, lui répondis-je.


Je pense que je peux répondre à sa place « Aucun ! »

http://www.courrierinternational.com/files/illustrations/article/2006/04/i61937Jiangsu.jpg


On passe à la lecture du programme. « Qui veut lire ? » (question bête
mais je ne le savais pas encore). « Allez toi au 2ème rang, tu lis s’il te plait ». J’ajoute à la description de l’ado ci-dessus, que c’est un être qui parle facilement sauf quand tu lui demandes gentiment. Etrange, non ?


S’en suit une lecture un déchiffrage approximatif coupé par des rires et des « Mais arrêteuuuuh ! » (c’est si drôle que ça, mince j’aurai dû faire comique, encore une vocation de ratée ! Zut !).


Bref, deuxième idée de génie du jour. Comment rendre une fiche- programme intéressante à des ados ? En la faisant lire par une élève absolument pas motivée. Bon, pour celle-là j’ai pas eu besoin d’aide.




Au bout des 55 minutes de cours j’ai fini épuisé, comme si j’avais couru un  marathon (et je ne suis pas sportif)


Mon tuteur vient me voir à la fin de l’heure : « Alors c’était comment ? »
 

Comment c’était ? Epuisant.


Comment ils étaient ? Remuants…….bizarrement ?!



J’aimerais bien une petite pause. Ah non, on me signale qu’une autre classe attend pour le spectacle. Une gorgée d’eau, on ne prend pas les mêmes et on recommence.


http://www.cg43.fr/sites/cg43/local/cache-vignettes/L231xH340/rideau-theatre-ca564.jpg
 

« Bonjour, je… »


A suivre…

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 20:06

" Un homme de 76 ans, excédé par des explosions de pétards, a blessé un adolescent en lui tirant dans le dos jeudi près d'Arles (Bouches-du-Rhône), a-t-on appris samedi auprès du parquet de Tarascon, qui a ouvert une enquête pour "violence avec arme".
La victime, âgée de 15 ans, touchée par des plombs de chasse, a été hospitalisée sans que ses jours soient en danger. Les faits se sont déroulés à Saliers, un hameau d'Arles. 

source : Le Parisien

L'auteur du coup de feu a été interpellé par les gendarmes."

 

 

Voilà probablement une des raisons pour lesquelles les armes à feu sont interdites en classe. ^^

http://www.uqtr.ca/biblio2010/images/accueil/silence.png

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 10:00

Chez les profs, la rentrée ne s’appelle pas rentrée mais pré-rentrée. Pour les nouveaux arrivants dans la fonction ou dans l’établissement, c’est une présentation du collège et des collègues.

 

Acte 1 : 1ère année

 

            Il est une constante chez les nouveaux prof arrivant dans un nouvel établissement : leur voiture trône sur le parking bien avant tout le monde. La peur de faire mauvaise impression doit en être la cause. C’est ainsi que je me suis retrouvé à 8h sur le parking du collège à hésiter entre entrer ou attendre que d’autres véhicules arrivent. C’est ainsi que deux autres voiturent arrivèrent avec à leur bord deux nouveaux arrivant…puisqu’ils étaient en avance.

 

            Le décor : le hall du collège, face au bureau des surveillants, des gradins. A l'instant où l'on nous apporté du thé, du café et des croissants, on nous a collé des étiquettes. Oui, oui, on m’a collé littéralement une étiquette sur laquelle figure : mon nom, prénom et la discipline que j’enseigne. C’est là que démarre la grand jeu de Memory : chaque nouvel arrivant a à mémoriser les noms, prénoms et matières enseignées par ses nouveaux collègues.

 

            A chaque nouvelle tête, on se présente, oralement puis on lit l’étiquette du collègue en essayant de se souvenir de toutes les informations. Au bout de 10 fois, on se contente de dire « Bonjour » et de montrer son étiquette en espérant que tout le monde se souvienne de toi. Ca, en général, y’a pas de risques. Pour les autres, on s’imagine que les profs d’EPS seront prochainement reconnaissables grâce à leur uniforme « jogging », les jeunes sont généralement surveillants assistant d’éducation, pour la cinquantaine qui reste, il suffira de guetter un collègue allant à son casier puis de regarder discrètement sur l’étiquette à qui il appartient.

 

http://www.ugap.fr/images/produits/images/2011/06/simeo_simire_2-2347977_900.jpg 


Durant la 1ère année d’exercice, il y a quand même une personne qu’il vaut mieux repérer, reconnaître, voire pister : le tuteur (conseiller pédagogique). Du mien, je ne connaissais que son nom prénom. A chaque nouvelle arrivée à la table du café, je me disais « Ah non, ça doit pas être lui, trop vieux », « Tiens, lui à l’air sympa, j’espère que c’est lui », « P***** qu’est-ce qu’il fait, je suis sûr qu’avec la chance que j’ai il est absent ! » jusqu’au moment où il arriva. Scène :

 

Moi : « Sal.., bonjour, je suis ton, votre, euh ton stagiaire. »

Tuteur : « Ah salut ! Non non t’es pas mon stagiaire »

Moi : ( M**** ! )

Tuteur : « Tu es mon collègue »

Moi : (ouuuuuuuuf)

Tuteur : « Ah donc je suis tuteur ?! »

Moi : « Euh oui, tu l’savais pas ? »

Tuteur : « Si, depuis que tu me l’as dit »

Moi : « Ah ok. Mais euh t’as déjà été tuteur ? »

Tuteur : « Mmm oui une fois je crois »

Moi : (re-ouf)

 

            Après ce petit jeu de mémoire et cette big-présentation, la soixantaine de collègues et moi-même sommes invités à se diriger en salle de permanence pour l’assemblée générale durant laquelle je vais être à nouveau présenté et durant laquelle mon tuteur va me filer les programmes en cours, des petits conseils et répondre à mes « Et là, celui/celle qui parle c’est qui ? Et il/elle enseigne quoi déjà ? ». Que de patience nécessaire.

 

            S’en suit la découverte de mon casier (la classe !), de la salle dans laquelle je vais exercer mes talents de pédagogue absolu, la remise des clés de cette salle (la classe !!) et des feutres nécessaires à ma pratique pédagogique (encore la classe !!!), la signature de divers papiers (pas la classe…) et moi-même qui rentre chez lui avec l’impression d’avoir la tête grosse comme une citrouille (non pas que j’ai la grosse tête mais plutôt la migraine).

 

N’empêche d’au mois de mai, un collègue ma souhaite un « Joyeux anniversaire Jamy ! » Il pensait que je m’appelais ainsi. Je l’ai pris comme un compliment.

 

Acte 2 : 2ème année (Ile de France)

 

scène 1

 

C'est décidé. Cette année je ne m’en ferai pas, je sais de toute façon que j’aurais mémorisé les noms des collègues avant janvier (bon, ok, au mois de mars !). Au pire il me reste la solution je guette le casier que vient de refermer ce collègue dont je ne connais pas encore la charmant patronyme. Bref, me voici complètement détendu jusqu’à ce que j’apprenne que je n’exercerais pas mes talents de grand pédagogue dans un seul collège (eh non, trop fastoche, tu penses) mais dans…deux ! Ce qui nous fait une bonne centaine de noms à mémoriser. En même il reste de la place dans le cerveau : je ne me souviens plus de certains noms de collègues de l’an dernier (quelle chance j’ai !).

 

Cet ainsi que je me re-pointe en avance devant mon 1er collège avec une bonne demi-heure d’avance (constante des nouveaux arrivants), arrive dans les lieux dans lequel aura lieu le grand jeu de Memory géant : la salle des profs. Je fais immédiatement connaissance avec les toilettes et avec mon casier. Les collègues arrivent au goutte à goutte, ils se présentent, j’en fais de même mais je ne porte pas beaucoup d’attention à leurs noms puisque de toute façon il y aura les étiquettes…………ou pas ! J’ai d’ailleurs pu lire une grande surprise dans les yeux d’un collègue auquel j’ai demandé : « Elles arrivent quand les étiquettes ? ». Ici pas d’étiquette, tu fais marcher ta mémoire.

http://ims.metz.supelec.fr/depot/Seminaires/croissant_cafe.jpg

On se dirige ensuite vers le traditionnel buffet petit dej’ café-thé-croissants et comme à mon habitude, ma collègue arrive la dernière. Je dois être une exception confirmant la règle. S’en suit la traditionnelle grande réunion entre collègue où l’on expose les taux de réussite mirobolants du brevet du mois de juin passé, quelques rappels sur le fonctionnement du collège et surtout la découverte des emplois du temps. Pour moi il ne s’agissait que de la moitié de l’emploi du temps. Munis du précieux sésame je vais récupérer chez le gestionnaire (le Passe-Partout et L’Ecureuil de la caisse du collège) mes clés pour transmettre mes connaissances aux charmants élèves. Scène :

 

Moi : « Bonjour, je viens récupérer les clés de mes salles »

Passe-Partout : « Y’en a pas à récupérer »

Moi : (tiens c’est un concept original : vais faire cours de sciences dans l’herbe, bon l’hiver faudra juste penser à bien s’habiller et à écrire au crayon)

Passe-Partout : « Enfin ca dépend, vous enseignez quoi ? »

Moi : « Les sciences »

Passe-Partout : « Ah alors il vous faut la clé de la salle de science, c’est un pass. C’est le seul dont vous aurez besoin »

Moi : « Ah ok. Mais pour les autres salles, on fait comment ? »

Passe-Partout : « Ici on laisse les salles ouvertes : la personne de la loge les ouvre toutes la matin et elle les referme le soir »

Moi : (quel boulot !) « Sinon je vais enseigner aussi dans la salle 1123 »

Passe-Partout : « Ah il vous faut une clé aussi : cette salle communique avec la salle informatique donc elle est fermée à clé tout le temps, comme la salle de science »

Moi : « Ok, bon ben je vous remercie »

Passe-Partout : « Mais je vous en prie »

Je repars un peu surpris par ce genre de pratique mais reviens sur mes pas.

Moi : « J’ai oublié de vous demander : où se trouve la salle 1123 ? »

Passe-Partout : « Bâtiment 1, 1er étage »

Ca va être pratique ça encore : entre la salle de science et tout le matériel qu’elle contient et la salle 1123 il y a juste 2 marches à descendre, la cour à traverser, 6 marches à monter puis une bonne vingtaine. Le tour à faire avec un chariot rempli de matériel. Ca va me faire les bras !

Cette fois-ci c’est carrément déboussolé que je pars, mes clé en main et mon demi-emploi du temps dans l’autre.

 

scène 2

 

Début d’après-midi, je découvre mon 2ème collège dans lequel j’enseignerai 6h/18h. La réunion commencée le matin, reprends avec pour seul objectif la remise des emplois du temps. Je m’assois sans le savoir entre mon collègue de science (quelle veine aujourd’hui, ça sent la bonne journée) et une collègue de maths qui découvre avec déception qu’elle est professeur principale d’une classe dont elle n’avait absolument pas formulé le vœu (Mmm je m’attends au pire…). Surprise : je n’enseigne que dans une seule salle (hey j’ai d’la chance on dirait).

 

15h45 : allé je file chercher mes clés et mes feutres mes craies (ah là on recule d’une décennie). Apparemment je devrais me dépêcher il paraît qu’il n’y a plus personne à partir de 16h00. Scène :

 

Toc toc toc, bureau de la gestionnaire : « Ah non ce n’est pas moi qui vous donne les clés, c’est la personne de la loge ».

Re-Toc toc toc, vitrine de la dame de la loge. Inutile vu que j’arrive à entendre à travers la vitre Zaz qui nous chante encore une fois ce qu’elle « veut ». Et moi je veux mes clés bordel !!! Il me reste qu’une solution : gesticuler à travers la vitre pour essayer de décoller les yeux de Mme de La loge de son napperon en crochet en devenir. Ah, elle m’a vu. Normal, la chanson était finie, deux secondes sans musique. Scène

 

Moi : « Bonjour, je viens chercher les clés, on m’a dit que c’est ici qu’il faut venir »

Mme de La loge : « Ah non. Faut que vous alliez les demander à votre supérieur »

Moi : «  A Monsieur le Principal ??»

Mme de La loge : « Non à Monsieur le C.P.E, vous êtes surveillant, non ? »

Moi : « Non non, du tout : je suis professeur de science »

Mme de La loge : « Ah… Ah ben j’croyais pas vu votre jeune âge…Bon alors vous voulez les clés de quoi »

Moi : « Du coffre-fort du Principal Ben de ma salle de science tant qu’à faire ».

Mme de La loge ouvre son immense armoire à clés, scrute, scrute encore, la referme.

Mme de La loge : « Ah ben j’en ai plus ! »

Moi : « Comment ça ? A plus ? Et moi alors ? »

Mme de La loge : « Ben oui. L’an dernier y’en avait pas besoin alors on en a pas ».

 

Trop bien ! En plus de me muscler les bras en portant mon chariot à l’étage, je vais apprendre à crocheter une serrure. Quel Ecole formidable l’Ed. Nat’. Digne d’une école d’espionnage.

 

Moi, de retour dans la réalité : « Et si je veux faire cours (on sait jamais quelle envie me prends), comme je fais ? »

Mme de La loge : « Oh ben vous d’mandrez à une femme de ménage qui est dans le coin de vous ouvrir, pis après vous lui d’mandrez de refermer ».

 

Autant intégrer cette personne dans mes cours. Un Passe-Partout humain.

 

Mme de La loge : « Sinon rev’nez d’main, ptêt que j’en aurai retrouvé »

Moi : « Bon… »


Ni le lendemain, ni le surlendemain, ni le 1er jour de cours il n’y eut de clé pour moi. C’est ainsi que j’ai sympathisé avec Marcelle : la femme de ménage-ouvreuse de porte.

 

Inutile aussi de chercher mon casier : je n’en n’ai pas. Il y a encore les étiquettes de l’an dernier dessus.


Pas de clé, pas de casier, ça va être pratique tout ça.

A suivre…

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 13:22

Très bonne question de la part de notre formatrice. Le moins que l‘on puisse dire ce qu’on y a tous songé, tous rêvé, voire cauchemardé pour certain(e)s.

 

http://lewebpedagogique.com/mariedesmares/files/cahier.jpg

            « Je vous propose de dresser le scénario de votre 1ère heure de cours, vous travaillerez en groupes et puis on fera ensuite des jeux de rôles par rapport à vos scénarios ». Autrement dit, 1ère séance de « bavardages organisés et payés ». C’est comme ça que j’ai pris l’habitude d’appeler nos « formations ». Ne connaissant pas grand monde, il est tout naturel que notre groupe se compose des quatre retardataires du matin : Carole, Aurélie, Mat et moi. Au bout de quelques gros quarts d’heure, nous avons réussi à dresser la liste des choses à faire :

 

-       dire « bonjour » aux élèves

-       se présenter

-       les chercher dans la cour

-       les mettre en rang devant la salle

-       leur demander de remplir une fiche de présentation

-       faire l’appel

 

(le lecteur remettra tout ceci dans l’ordre, bien évidemment)

 

« Faire l’appel », justement parlons-en. L’ « appel » est une de ces choses indispensables à un cours (enfin d’un point de vu légal). « Comment allez-vous faire l’appel après-demain ? » nous demande notre formatrice. Quelle question ! En lisant les noms un après l’autre bien sûr (enfin s’ils ne sont pas trop durs à prononcer) « Réfléchissez à une manière originale de faire l’appel ! ». Au bout d’une demi-heure de bavardages de concertation, nous en sommes arrivé à une manière quelque peu inspirée de notre collègue Bernard pour faire l’appel.

 IMG_0368.jpg

« Et si on les faisait se lever et se présenter un après l’autre ? »,  proposa Aurélie.

« Ah ouais pas mal. Ca peut être original. » dit Carole.

« Allé, je le ferais pour mon 1er cours » répondis-je.

 

Originale comme idée, oui. Efficace, à voir…lors du 1er cours.

 

A suivre… 

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 13:20

Cool ! On va être en retard dès le 1er jour ! Classe ! Oui, aujourd’hui le 31 août, c’est un jour durant lequel nous ne travaillerons plus dans le futur. Pourtant aujourd’hui c’est notre 1er pas vers notre entrée en classe devant des élèves, sauf que ce sera devant nos pairs : les étudiants fraichement labellisés « certifiés » aptes à l’enseignement : les stagiaires IUFM de l’académie de Strasbourg.

 

http://www.afges.org/images_site/Image/articles/actualite/IUFM_Hall_entree.jpg

 

Carole, Aurélie, Mat et moi essayons de nous repérer dans ce bâtiment moderne et manquant cruellement de signalétique qu’est l’IUFM de Strasbourg (enfin un des bâtiments de cet Institut de Formation des Maîtres. Ridicule : « maître », jamais un élève va nous appeler comme ça, malheureusement pour notre ego !).

 

« Allez chercher un billet de retard ! Hop hop hop ! ». Bernard venait de se faire remarquer, en même que nous quatre. La salle est disposée en U, il reste quelques places de libres (c’est à croire que les formateurs ont compté les chaises !) mais pas quatre côte-à-côte. C’est râpé pour les bavardages, va falloir écouter. A côté de moi, il y a Bernard, à côté de lui, Mat. S’en suit des présentations, beaucoup de présentations : l’académie, l’IUFM, le bâtiment de l’IUFM dans lequel nous trouvons (et dans lequel nous ne nous trouverons plus jamais par la suite), les formateurs (nos professeurs et à la fois collègues).

 

Devant nous, 3 formateurs : deux seront nos formateurs destinés à nous expliquer comment enseigner notre discipline et un autre est destiné à nous présenter la vie culturelle et technologique de l’académie. Il est facilement reconnaissable : il se trimbale sans cesse, une clé USB autour du cou tout aussi inutile que ses discours à rallonge interminables. Monsieur Culture-technologies ne gaspille plus le papier mais sa salive et notre patience, oui ! Après le tour de table et le discours interminable de Monsieur Culture-technologies c’est à nous de nous présenter. Je découvrirais plus tard qu’il n’est pas de bonne formation qui ne commence sans un tour de table utile aux formateurs pour essayer de s’intéresser à nous et de compatir dans nos sorts (collèges difficiles pour certains, mais il ne le savent pas encore, éloignement pour d’autres, …).

« Bonjour à tous, je m’appelle XxX, j’enseigne la P-C (sans blague !!) au collège Steevy Boulay à Gluckglucksheim dans le Haut-Rhin (alors que j’avais demandé le collège Mickael Vandetta qui est juste à côté de chez moi, put*** je me demande bien quel est le c** qui a eu ce collège-là !) »

A ce moment là, après m’être présenté, j’entends quelqu’un se lever puis commencer à parler. J’hallucine ! C’est mon voisin de table, Bernard, pull rouge et chemise bleue (le fameux duo gagnant) qui s’est levé et qui nous narre sa présentation dans un style très « Stéphane Bern » mais en moins sympathique.

 « Bonjour à tous, je m’appelle Bernard, j’enseigne la P-C (décidemment t’es bien tombé, c’est la bonne salle, dis !) au collège Mickael Vandetta… » C’est décidé, je déteste mon voisin de table ! Pourtant je sens qu’on va bien s’amuser cette année.

A suivre...

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 10:50

Un an déjà ! Un an que j’ai les clés de mon 1er appartement et que j’habite en Ile de France, enfin officiellement. En réalité, cela fait beaucoup moins (faut pas déconner non plus, hein !).

 cles.jpg

 

Oui, autant le dire tout de suite, ce n’est pas par choix que suis venu emménager dans cette région, non. C’est plutôt carrément parce que la merveilleuse agence de voyage qu’est l’ Ed. Nat’ n’a rien trouvé (de mieux ?) pour moi que cette région (ou plutôt cette « Académie de Créteil ») pour y exercer ma 2ème d’année dans cette merveilleuse profession qu’est fainéant-payé-à rien-faire-avec-2-mois-de vacances-et-qui-en-plus-se plaint-tout-le temps de professeur !

Logo_ile-de-france.jpg

 Mais au fait, comment tout cela a-t-il commencé ?

 

A suivre…

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 21:37

"L'enseignement : apprendre à savoir, à savoir faire, à faire savoir.

L'éducation : apprendre à savoir être." - Louis Pauwels

                                                           http://python.bretagne.iufm.fr/semaine-presse/wp-content/uploads/2010/03/relation-professeur-eleve-evoluant-avec-son-epoque.gif

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