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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 11:15

Retourner au collège 12 ans après l’avoir quitté, telle est l’idée de Riad Sattouf (le réalisateur du film Les Beaux Gosses) pour mettre fin à son traumatisme du collège. Sur les conseils d’un ami « rupin », l’auteur (ayant effectué sa scolarité dans un collège de « prolos » comme il le dit lui-même) se met en tête d’aller vivre quelques semaines dans un collège « rupin » d’un chic arrondissement de Paris.

 

 

http://imados.fr/content/2/7/3/42739/retour-au-college_couv_book_medium.jpg

 

 

Après nous avoir  fait part des difficultés qu’il a rencontrées pour trouver un chef d’établissement qui veuille bien l’accueillir dans son collège (dans lequel, selon le Principal, l’auteur ne devrait pas entendre « Nique ta mère »…..ce ne sera que l’affaire de quelques pages), l’auteur nous plonge alors dans le quotidien d’un collège bourgeois de 2005.

 

Riad nous dresse (et trace) le portrait de quelques élèves emblématiques de la classe de 3ème suivie.  Il y a tout d’abord Thomas, la star de la classe, pas très beau d’après l’auteur mais très riche du fait de ses activités de mannequinat. Il y a aussi De Bouvier, le « sale gosse » de la classe, toujours en train de faire des remarques déplacées aux filles et aux profs, le pantalon toujours à mi-cuisse et le caleçon apparent (ce personnage parlera beaucoup aux enseignants qui liront cet album, on en a tous un élève comme ça dans une classe).

 

Dans cet album, l’auteur ne propose pas vraiment une histoire, mais aborde différents sujets liés à l’adolescence : l’image qu’un ado peut avoir de lui, le désir de ressembler aux autres élèves « beaux » et « populaires », la fille dont on est secrètement amoureux, les marques vestimentaires qui permettent d’être accepté dans un groupe d’amis (par conséquent, elles peuvent aussi engendrer le rejet et l’exclusion). On croise un élève passionné d’armes et ayant un comportement « spé » (un futur terroriste ?). La religion est aussi abordée : les élèves « s’amusent » à classer les élèves selon leur religion et leur engagement dans celle-ci.

 

Au fil des pages, l’auteur et le lecteur remarquent que finalement peu de choses ont changé, à part l’époque et le décor (un milieu bourgeois). Il (et le lecteur aussi) se retrouve ainsi à plusieurs reprises dans certains élèves.

 

Les profs sont aussi présents dans cet album : il y Monsieur Hermann, professeur (« réac », « ancien » et « dépressif ») d’anglais, le prof d’histoire-géo, tout aussi anonyme qu’autoritaire. Les difficultés d’être un enseignant débutant sont représentées par Mlle Birkenstök, professeur d’éducation civique.

 

Au final, Riad Sattouf a-t-il réussi à mettre fin à sa phobie du collège ? Pas sûr : il se fait virer avant la fin de la journée par Monsieur Hermann qui ne l’acceptera pas en cours. Explication : il n’est pas là pour se « donner en spectacle ! ». Au contraire, je pense que l’enseignement est une grande pièce de théâtre.

 

Cet album de bande-dessinée m’a rappelé la semaine que j’ai passé au collège 5 ans après l’avoir quitté. Cette semaine de « stage d’observation » faisait partie du cursus de licence. J’avais, durant cette semaine, suivie tous les cours d’une enseignante dans le but de « voir » ce qu’étaient des élèves en 2008 dans mon ancien collège. Ce fut une expérience très intéressante et teintée de nostalgie aussi.

 

 

Riad Sattouf, Retour au collège, bande-dessinée en noir et blanc aux éditions Marabulles, 8,90 €

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 23:07

 

Chronique d’une de mes lectures ( pas scientifique cette fois) de vacances.

 

Au Collège, le carnet de correspondance est une sorte de carnet à coupons qui donnent presque l'impression d'avoir droit à une vingtaine de retards, autant d'absences et   à une dizaine de rendez-vous avec les professeurs. Pourtant, il n'est pas rare de voir des élèves ayant utilisé tous leurs "coupons" d'absence avant la fin de l'année. Ils doivent donc payer 4,50€ pour recréditer leur compte d'absences/retards : 4,50€ est le prix d'un carnet de correspondance.

 

En primaire, le carnet de correspondance est un cahier qui parait ordinaire mais qui est plutôt singulier. En effet, ce sont les parents qui écrivent en général dedans, le plus souvent pour excuser le retard/l'absence/le mauvais comportement de leur enfant. Ces mots sont tantôt écrits sur fond de culpabilité, tantôt sur fond de colère, de rage mais aussi parfois sur un ton aimable. C'est de ces mots de parents destinés aux enseignants qu'est né le livre-compilation de Patrice ROMAIN : "Mots d'excuse".

 

L'auteur a été directeur d'école primaire pendant 20 ans et ce livre regroupe ce que l'on peut appeler les perles des carnets de correspondance.

 

Au programme, des parents qui demandent au directeur de trouver le coupable du larcin qui a eut lieu dans la trousse de leur fille (les parents ont remarqué qu'il manquait quelque objet dans la trousse de leur fille car il en font l'inventaire tous les soirs). D'autres s'étonnent des poux retrouvés sur la tête de leur enfant chéri dont l'hygiène est impeccable. Il y a aussi la papa routard qui informe l'instit de son fils que ce dernier va partir durant quelques mois sur les routes parce que c'est "bon pour sa géographie". Il y a aussi la pauvre maman qui ne peut pas venir au rendez-vous donné par l'instit car le père de son enfant l'a frappé...Ceci est beaucoup plus tragique (quoique, pas sur) que la mère qui informe l'école que Kevin ne sera pas en cours car la famille décomposée-recomposée  est partie en "wik-kem", ou alors serai-ce peut être une crise de "flemmingite" aiguë ??? On apprend aussi que parfois la cause de retards récurrents est tout simplement une différence entre "l'heure de la tévé" et l'heure de l'école, "il faudrait s'entendre", comme le dit la mère d'élève. On peut aussi lire dans ce livre des mots de parents qui trouvent que la punition donnée à leur enfant est "injuste ET inutile", que la "bouffe de la cantine est dégueulasse" (classique, tout ça. On entends parfois la même chose en conseil de classe alors que ce n'est absolument pas le lieu pour ce genre de "requête"). D'autres affirment avoir trouvé le moyen pour boucher le trou de la sécu : ils remplacent les médecins et écrivent eux-mêmes des certificats médicaux (d'autres rajoutent des points et transforment un 10 en 12 en un coup de stylo rouge).


 

http://storage.canalblog.com/50/50/227100/65056269.jpg

 

Petit florilège :

 

"esscusé moi pour le retar de ma fille mais a cause du frère a Sassia, il est malade et en plus il a chiėpartout"

 

"Monsieur,

Merssi pour le passage en 6eme a Kevin. ces grace a vous que il va rattrapé son cousin qui redouble. merssi encor"

 

Après tout, "Einstein était un mauvais élève, alors qui sait ce que nous réserve l'avenir". Tout est dit ici.

 

Un livre très drôle qui se lit très rapidement et qui permet d'avoir une vision sur certains parents d'élèves et leurs préoccupations. Seul bémol, le prix du livre : 14€.

 

PS : l'an dernier, dans l'académie de Strasbourg, mon collègue-tuteur a pu lire un mot de parent d'élève pour excuser sa fille d'être "hors tard" ! (c'est comme ça qu'on dit "en retard" avec un accent alsacien très prononcé...).

 

 

Mots d'excuse, Patrice ROMAIN

                                                           François Bourin Editeur, 14 €

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 09:30

Chronique d’une de mes lectures (scientifiques) de vacances.

Dans ce livre écrit sous la forme d'un dialogue entre sa petite-fille de 14 ans et lui-même, Hubert Reeves répond à des questions aussi simples que complexes sont leurs réponses ! Tout cela est expliqué de manière très juste scientifiquement et surtout très simple. Ceci permet aux personnes non initiées de suivre les explications. Il a bien intérêt papy Hubert si sa petite-fille veut comprendre. Ainsi, au fil des pages, on apprend d'où viennent les atomes présents sur Terre, on comprend ce qu'est un trou noir, pourquoi il doit exister une matière "noire", ...

 

On comprend assez vite que la « petite-fille » n'est finalement qu'un prétexte puisque vers la fin du livre, je doute que les questions posées l'ont été réellement par une fille de 14 ans. Malgré tout, on est emporté dans l'univers avec M. Reeves et on termine très vite le livre. Il semble alors trop court. 

 

Ce qui est particulièrement plaisant et remarquable dans ce livre est qu’Hubert Reeves a relevé le défi d'expliquer avec des termes simples, des "choses" très compliquées. Ceci nous ramène à la tâche de l’enseignant de sciences physiques et chimiques.

 

Un livre à lire (et à relire surtout) pour être prêt à répondre à nos élèves qui posent si souvent des questions sur l'Univers.

Un ouvrage de référence !

 http://images-booknode.com/book_cover_l_univers_explique_a_mes_petits-enfants_136351_250_400

 

L'Univers expliqué à mes petits-enfants, Hubert Reeves

Edition du Seuil, 7€

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